Théâtre et Café Artistique

Le Théâtre

Façades EpiScènes

A l’origine: une des plus anciennes granges agricoles du centre bourg de Bizanos, dernier vestige de l’activité paysanne de la commune.

Un enjeu : interroger la condition même de l’artiste-artisan, passeur de culture.

Une démarche initiale : bâtir un rapport à la langue, au corps et à la poésie dans un lieu de mémoire, la transformation de l’outil du passé en outil d’avenir, le « recyclage » culturel d’un lieu de racines et de labeur.

 

Passer du paysan au poète.

Cet espace de plus de 400 m2 est situé à 100 mètres du Pôle Culturel de Bizanos. C’est avant tout un projet artistique, nécessaire au développement de la Compagnie professionnelle de théâtre « le lieu » dont l’action s’inscrit dans des démarches participatives et des créations en lien avec nos modes de vie, nos errances et nos rêves actuels.

Il s’agit avant tout d’un espace de création, de formation permettant une diffusion occasionnelle lors des soirées EpiScènes. Il est complémentaire avec les activités de la compagnie « le lieu » installée à Bizanos depuis 2006 dont la ligne artistique est principalement axée sur des mises en scène dans l’espace public impliquant les habitants et des créations légères autour de la mémoire, de la poésie et du lien social.

Ces dernières sont souvent construites en interaction avec le public considéré comme partenaire du jeu théâtral. Le texte joué est une façon de résister aux flux incessants d’images que véhicule notre monde. Les créations s’emploient donc à mettre en œuvre le moins d’artifices possible pour laisser la place à l’interprétation.

Il s’agit d’un espace de création idéal, car un espace vide mais intime, mutable, laissant libre circulation aux corps et à la voix. La jauge dans le cas d’une diffusion est réduite à moins de 100 spectateurs permettant une qualité d’accueil et une proximité avec les artistes.

L’objectif de cet espace de création est aussi les rencontres : avec le public, les habitants et d’autres professionnels amenés à développer, dans le cadre de partenariats, leurs propres projets dans un outil adapté ayant la vocation à être repéré et soutenu par les institutions.

Un lieu pour mettre en appétit et montrer des étapes de création en partageant ces moments avec un public, permettant à des équipes de créer dans des conditions proches des espaces de diffusion repérés, qu’ils soient labellisés ou non.

 

Un lieu pour faire lien, du lien pour créer .

La Compagnie « le lieu » est aussi soucieuse de développer une ligne artistique au plus près des préoccupations d’éducation populaire et croit que la place de l’artiste est avant tout un positionnement politique au service du développement culturel de son territoire.

Cette ligne artistique demande de ne pas se couper de la réalité sociale et d’en faire un matériau de travail, une recherche citoyenne. Il est apparu essentiel dans ce sens de créer un lieu propice aux rencontres et aux échanges autant dans un souci de démocratisation culturelle que de création artistique. C’est pourquoi c’est espace est doté d’une licence bar catégorie 2 afin d’organiser des évènements festifs propices aux rencontres. Un café sous le mode des cabarets du début du siècle s’est imposé comme espace de recherche, de création et de diffusion de la compagnie. Le public potentiel pourra donc être accueilli à table.

Cette proposition de lieu artistique ne représente pas pour autant un théâtre de poche en plus sur l’agglomération paloise. C’est un lieu de possibles…

Questionner la forme autant que le contenu, pour permettre à une équipe artistique de pérenniser sa recherche en tissant des liens dans et au delà d’un territoire et de s’inscrire dans le tissu local pour développer une démarche interrégionale, voire transfrontalière. Un lieu particulier et original tout autant que fonctionnel pour construire et rayonner.

Cette démarche doit impliquer le public, désacraliser le spectacle en explicitant sa fabrication, inciter les artistes à exposer la dimension travail de l’œuvre en gestation lors de performances, de monstrations et de débats. Au travers de ces rencontres, « banaliser » le spectacle, loin du show et du people, partager la connaissance du travail des artistes dans tous les domaines en dehors d’une simple logique de consommation de spectacle, favoriser le respect mutuel de l’artiste et de son public.

Il s’agit avant tout d’un projet susceptible de rendre autonome la création artistique, permettant la présentation de petites formes, de performances et de chantiers quant un théâtre impose bien souvent des produits finis et formatés.

 

Un lieu pour donner à voir, à partager.

Cet espace de vie pour l’artiste de plateau permet aussi la mise en œuvre de training de l’acteur, de stages professionnels, de résidences de création… Il peut aussi être loué pour des formations professionnelles dans le domaine artistique ou prêter pour des équipes de créations en recherche de lieux de résidence, notamment des équipes émergentes. Ces dernières sont susceptibles d’être associées à la programmation des Soirées EpiScènes du vendredi par la suite.

Rencontres et expérimentations sont le ciment de ce lieu, un théâtre de combat comme à l’origine des cafés-théâtre, une occasion différente de se mettre en contact avec la culture d’aujourd’hui hors des circuits traditionnels, de libérer une expression trop souvent bloquée par les canaux officiels et les enjeux marchands. Un lieu de vie support de la création et de sa promotion.

 

Dernières pages, derniers mots, de Espaces Perdus, de Claude Régy (1998)
« Je vois des mouvements dans des espaces perdus. Je sens comme la vastitude, si simple, est un lieu pour les larmes. Je sens que ce que je cherche avec conviction je ne peux pas savoir ce que c’est. C’est en ne le voyant jamais à découvert que je le connais le mieux. Comme des échanges sous la mer.

Je pense qu’il faudrait des espaces perdus. Il faudrait cesser de les démolir. Il faudrait construire des espaces perdus.
Des espaces vides, vastes.
Des espaces libres, des espaces nus, où tout peut s’inscrire, où l’image est parfaitement visible dans son intégrité, dans son intégralité, pour tous les spectateurs, et proche de chacun d’eux.
Des espaces dans lesquels ce qui doit être vu dispose d’une surface supérieure à la surface où se tiennent ceux qui sont venus pour voir – pas forcément nombreux.
Qu’il n’y ait aucune séparation entre ces deux espaces.
Des espaces perdus ce serait aussi des espaces flottants, indéterminés, d’aucune spécificité particulière.
Des espaces vagues. Lieux qui inspirent. Esprits et murs ensemble. Lieux dilatés.

Je crois aux intersections. Je ne crois pas au confusionnisme
Je crois aux principes d’exagération, à l’utopie, à la non rentabilité.
Souhaiter que se multiplient des lieux de déréliction, qu’on sache où travailler. Qu’on sache où aller voir.
Penser à des lieux pour aventuriers. Des nomades.

Être très vigilant sur l’acoustique, sur le respect de l’absolu silence, du vide parfait.
Nombre d’or au sein de la sauvagerie.
Technologie de pointe en pleins lieux dévastés.
Plus d’un sanctuaire serait assaini si on y mettait le feu.
Lieux où coïncident les contradictions.
Lieux de fiction.
Lieux de folie, de mort.
Endroits sans mesures, de silence et de CRIS.
Des endroits où se taire sous la pluie artificielle.
Qu’on nous laisse la place des larmes. »